En direct

Now playing ON N'EST PAS SORTI DE L'EUROPE
› C’était quoi ce titre ?
Icone facebook Icone twitter Icone youtube Icone flickr Icone mail
Culture

Au fond du nouveau pour trouver de l’Inconnu

Le commissaire d’exposition Hans Ulrich Obrist  a notamment bouleversé la définition du conservateur de musées.C’est aussi un critique d’art, un écrivain et un invité recherché. Dans son imaginaire, des sujets différents se trouvent mêlés à son regard singulier.

 Surnommé le conservateur de musées « qui ne dort jamais », Hans Ulrich Obrist incarne une sensibilité nomade, voire déplacée. D’origine suisse, il se trouve toujours condamné à une position frontalière, non seulement entre pays, mais aussi entre les envolées de l’imagination. Par un heureux hasard de circonstances, il est né en 1968 à Zurich, ce qui a peut-être formé son caractère novateur. En fait, il a entamé sa future carrière par une recherche fouillée des expositions dans toute l’Europe, laquelle l’a conduit à fréquenter les ateliers et  galeries. Il avait à peine dix-sept ans quand il a commencé ce voyage européen : il a rendu visite à Louise Bourgeois à Paris et à Alighiero Boetti à Rome, entre autres.

 Ce déplacement multinational a abouti à sa première exposition dans la cuisine même de son studio d'étudiant en 1991. Les studios plus professionnels arriveront plus tard sur la scène : depuis 2006, il est codirecteur des expositions au Serpentine Gallery, à Londres. Cependant, c'est en 1983, lors d’une exposition de Harald Szeemann intitulé Der Hang zum Gesamtkunstwerk  (la Tendance Vers l’Œuvre de l’Art dans son Ensemble) que ce personnage, alors lycéen, a découvert sa vocation. Il a finit par revoir cette exposition une quarantaine de fois.


 Cette mise en scène de Szeemann a frappé Obrist à l'âge de 15 ans dans sa façon de traiter l'idée de l’exposition comme une sorte d'archéologie de la connaissance. Ce concept de fournir un cadre structurel est devenu une vocation inépuisable, c’est-à-dire de créer des carrefours et des confluents entre toute une gamme de filières, de la psychologie jusqu'à l’architecture d’intérieur.  La mise en contact d’artistes et de disciplines suscite un dialogue sans cesse entre les sujets distincts. Le but de Obrist est donc de mettre en lumière la nouveauté dans la matière artistique apparemment banale. Chez lui,  l’inaperçu est d’une importance capitale car il apporte au spectateur dans n’importe quel lieu spatial ou temporel la possibilité de réimaginer sa situation. Il s’agit d’un regain de vision pour le flâneur de musées ainsi que pour le navigateur d’Instagram, sur ce monde en perpétuel devenir dans lequel nous habitons.

 

Rédigé par
La rédaction

Commentaires

Pas de commentaires