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The Special Relationship : privilégiée ou dominée ?

The Special Relationship : privilégiée ou dominée ?

Il est peut-être facile de comparer la victoire de la campagne Leave lors le referendum Britannique en juin, et celle de Donald Trump à la présidentielle des Etats-Unis en novembre. Un nationalisme croissant dans les deux pays y a certainement contribué. Au Royaume-Uni la campagne Leave jouait sur l’idée de souveraineté, de reprendre le pouvoir décentralisé vers Bruxelles. Aux Etats-Unis les slogans « Make America Great Again » and « America First » sont typique d’une idéologie isolationniste qui place son propre intérêt comme priorité. Au lieu de comparer la situation dans les deux pays, pourtant, il faut se demander quelle sera l'influence de Donald Trump sur un Royaume-Uni post-Brexit. 

En position depuis moins de trois semaines, Trump s’est déjà attiré des critiques, en particuler concernant le « Muslim Ban » qui aurait interdit des ressortissants de sept pays musulmans de franchir la frontière Américaine. Au Royaume-Uni, plusieurs personnalités politiques ont critiqué l’initiative : le maire de Londres, Sadiq Khan l’a appelé « honteuse et cruelle » tandis que le secrétaire de l’Etat des affaires étrangères, Boris Johnson a qualifié l’initiative de « clivante et erronée ». Néanmoins, la première ministre Theresa May a gardé son silence.

Avant sa visite officielle à la Maison Blanche, elle s’est déclarée prête à critiquer le nouveau président si elle juge ses politiques « inadmissibles ». Après la visite, elle répond aux journalistes qui lui posaient des questions sur le « Muslim Ban » en disant que la politique d’immigration des Etats-Unis était une question purement interne.

Le 20 février les députés de la chambre des communes seront appelés au débat pour discuter d’une pétition qui a gagné 1,8 millions de signatures. Donald Trump a récemment été invité par la reine de faire une visite d’Etat au Royaume-Uni. Quoi qu’il s’agisse d’une invitation royale, il est aussi un geste politique. La pétition réagit est donc une réaction à cette invitation. Les signataires précisent qu’ils ne veulent pas interdire à Donald Trump de franchir la frontière du Royaume-Uni mais ils ne veulent pas que cela soit à l’occasion d’une visite d’état. Ce qui est remis en cause : « la misogynie et vulgarité » du Président qui pourraient mettre la reine dans « l’embarras ». Le débat aura lieu, mais John Bercow, le Président de la chambre des communes, a proposé de ne pas inviter Donald Trump à faire un discours devant ses députés. 

La diplomatie est un art subtil – Donald Trump n’est certainement pas le premier personnage politique controversé à participer à une visite d’Etat. Si l’invitation n’est pas retirée, Donald Trump fera partie d’un cercle d’invités polémiques qui inclut déjà Robert Mugabe et Nicolae Ceau?escu. Le nombre de signatures sur la pétition, l’opposition bruyant du Prince Charles ainsi que du maire de Londres, du chef de l’opposition et du chef du parti conservateur Ecossais, laissent penser qu’il existe un décalage entre la politique de Theresa May envers Donald Trump et l’atmosphère dans le pays qu’elle représente. Ce décalage s’explique probablement par la position actuelle du Royaume-Uni à l’égard de la politique internationale. Si Theresa May s’obstine à poursuive le « Hard Brexit », c’est à dire une politique qui risque de couper ses liens avec l’Europe, le Royaume-Uni aura besoin de nouveaux alliés. Boris Johnson parle de façon optimiste de futurs accords avec les marchés du Commonwealth, mais si le Royaume-Uni cherche un nouveau partenaire aussi puissant que l’UE, il sera obligé de se tourner vers les Etats-Unis. 

Rédigé par
La rédaction

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