Chaque semaine, un album est mis à l'honneur sur l'antenne d'EuradioNantes. Pour avoir un aperçu, écoutez-le tous les jours lors de son passage à l'antenne à 7h, 9h, 13h et 15h.
Cette semaine, c'est le dernier album de Fairguson (France) intitulé "Tales from the 47 willows" qui a retenu notre attention.
Gagnez des disques de la semaine en envoyant un mail à musique(at)euradionantes.eu en indiquant "Tales from the 47 willows".
Tracklisting :
1. Lost Again
2. Rough Intrusive Moving In
3. Leaving the Captain
4. 47 Willows
5. Coconut In Albert's House
6. Wide Open Spaces
7. Let It Go
8. We Never Met Chris Cool
9. Homecoming
10. Indigo
11. Indian Summer
En écoute : Let it go
Fairguson - (France)
Tales from the 47 willows, 2009
Petit jeu pour commencer : glissez ce
compact disc (sans connaître le nom du groupe) dans le support de votre
choix, et écoutez. Vous risquez de vous entendre murmurer : « Tiens, je
ne savais pas qu’un nouveau Grandaddy sortait…! ». Plus loin, il vous semblera que vous avez inséré un inédit des Crosby, Stills, Nash et Young de la fin des 70’s. Et vous aurez à la fois tort et raison : car Fairguson,
c’est un groupe français qui joue la carte de l’influence assumée et
de la musique intemporelle, comme un voyage sonore non daté aux confins
des terres de l’americana.
Ecouter le live "A domicile" de Fairguson, enregistré lors l'émission Novorama
Etonnant, donc, de découvrir en 2009 un
album aussi intense, riche et lumineux de la part de jeunes Français
jusque-là quasiment inconnus, seulement producteurs d’un petit album en
2005. Quatre ans plus tard, plus de moyens, plus d’idées mais un talent
enfin révélé : Fairguson réalise là un coup de
maître, à la fois un élégant hommage au soft-rock un peu tombé en
désuétude, au folk psychédélique qui, lui, n’a jamais montré de réelle
faiblesse ; mais aussi un subtil mélange d’instrumentations diverses,
de sonorités très actuelles qui rendent ce Tales from the 47 willows si unique, classe et attachant.
Les types de Fairguson jouent et composent comme on raconte des histoires, voire des contes :
les morceaux s’égrènent sur de nombreuses minutes, plantent un décor
(qui ressemblerait le plus souvent à une contrée réculée en Californie)
pour le triturer ensuite dans un revirement complet du style du
morceau. Des chansons en plusieurs actes, des chansons qui parlent de
tout et de rien, juste des mots qui permettent à chacun de s’évader
dans un petit monde doux et vaporeux (comme sur le sublime 47 willows ou Indigo. Parfois, leur machine à songes s’emballe un peu (Let it go) ou s’autorise une country song presque guillerette (Homecoming)
mais l’ensemble tutoie la voûte céleste, se perd dans des envolées
lyriques de toute beauté, et, même si l’on a si souvent l’impression
d’entendre Jason Lytle, le leader de Grandaddy,
c’est pour mieux se rendre compte de la réussite sans frontières et
sans retenue du groupe hexagonal qui ose enfin fureter loin de ses
terres d’origine, s’évadant en plein territoire très convoité de
l’americana. Et s’y installer doucement mais sûrement, sans donner le
sentiment de voler sa place, mais au contraire de s’y installer une
propriété qui appelle à la longévité.
Tales from the 47 willows, album planant et ambitieux de Thomas Sadoun et ses acolytes, est déjà une des plus grandes réussites de l’Amérique française.