Élections italiennes. La victoire de l’euroscepticisme

Les résultats du scrutin italien agitent la presse européenne.

Élections italiennes. La victoire de l’euroscepticisme

C’est le Mouvement 5 étoiles, mouvement populiste mené par Luigi Di Maio qui a enregistré le plus de voix, plus de 30% selon les sondages. Mais les partis Forza Italia de Sivlio Berlusconi, la Ligue du Nord de Matteo Salvini et Frattelli d’Italia, coalisés pour l’occasion,  obtiennent près de 37 % des voix. Aucune majorité parlementaire claire ne transparait donc ce matin. Cela va bien sûr avoir des répercussions, à échelle Nationale. L’Italie va en effet avoir du mal à gouverner sans véritable majorité. Mais cette élection va également impacter l’Europe.

Des répercussions à échelle européenne

On a tendance à l’oublier, mais l’Italie est à la base de la construction européenne. Elle en est l’un des pays fondateurs aux côtés de l’Allemagne et de la France. Mais au-delà de cette dimension symbolique, l’Italie est aussi la troisième puissance économique européenne, maintenant que le Royaume-Uni a décidé de quitter l’Union. Le problème c’est qu’elle détient aussi l’une des dettes les plus importantes : plus de 132% de son PIB.

Or, selon le quotidien italien La Repubblica :

« Pour être souverainiste, il ne faut pas être vulnérable sur le plan financier. Mais avec ses dettes astronomiques et sa croissance au point mort, l’Italie est plus vulnérable que jamais. En choisissant des forces politiques désireuses de quitter la zone monétaire à l’instar de la Ligue du Nord ou qui ne cessent de changer d’avis sur ce point comme le mouvement des 5 étoiles, le pays deviendra plus vulnérable encore ».

Le plus dur dans l’histoire, c’est que l’Union Européenne essuie une fois de plus un revers idéologique. Le vote italien est clairement eurosceptique et le pays rejoint d’autres États communautaires, opposés à l’idée d’Union.

« Les électeurs ont récompensé les forces qui se montrent sceptiques, voire hostiles à l’égard de l’Europe et de ses règles. On observe sur ce plan un rapprochement avec le groupe de Visegrad : la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie et la Slovaquie », poursuit l’article de La Repubblica.

Le risque c’est en fait qu’il y ait au sein de l’Union un véritable sous-ensemble de pays eurosceptiques.

Des solutions pour redonner confiance en l’UE

La seule solution est bel et bien de rassurer les Italiens quant aux thématiques qui les préoccupent.

En cela, l’UE doit agir selon le quotidien anglais The Daily Telegraph :

« En raison du chômage et au nombre toujours élevé de migrants, l’amertume des Italiens envers l’UE risque de s’accroitre encore. Si l’UE ne s’attache pas à promouvoir la croissance économique et à trouver des solutions à la question migratoire, l’euroscepticisme risque de faire tache d’huile en Italie ».

En même temps, le processus d’’approfondissement, tant espéré par le président français Emanuel Macron semble compromis. C’est ce qu’explique le quotidien polonais conservateur Rzeczposlita :

« Sans la perspective de réformes dans le pays, les Allemands n’assumeront jamais la responsabilité de la dette italienne », or, « Les Italiens ont enterré l’idée d’une Europe à deux vitesses. Reste à espérer qu’ils n’ont pas aussi porté le coup de grâce à l’idée européenne elle-même ».

Bref, plus encore que les pronostiques de campagne, les résultats aux élections semblent poser encore plus de questions. La situation n’a paradoxalement jamais été aussi incertaine, comme le résume très bien le journal espagnol El Paìs :

« Avec l’extrême fragmentation qu’on enregistre aujourd’hui, la troisième économie de la zone euro se trouve face à une épreuve dont on ignore l’issue ».

Retrouvez la revue de presse tous les jours à 9h25 et 17h30 sur Euradio, 101. 3

Crédit photo : Julia Casado

Leave a Reply

Your email address will not be published.