Italie. Bilan de campagne à trois jours des élections

La presse européenne dresse  le bilan de la campagne électorale italienne, à trois jours des élections.

Italie. Bilan de campagne à trois jours des élections

Les Italiens se rendront dimanche aux urnes pour élire leurs représentants au Parlement. Seulement voilà, la campagne électorale a été largement critiquée. L’offre politique est loin des attentes des Italiens. Les candidats ne sont pas assez crédibles et finalement c’est une bonne partie de l’électorat qui est en mal de représentation. D’ailleurs les sondages le montrent : il y aurait encore un tiers d’indécis, ce qui fait la part belle aux partis populistes.

Des candidats largement mis en avant, au détriment de leurs programmes

Trois candidats ont monopolisé la campagne, Berlusconi en tête. Le candidat de Forza Italia est d’ailleurs très décrié dans la presse européenne. Selon le quotidien belge De Morgen :

« Plus personne ne parle de sa condamnation dans toute une série de procès […] voilà que les Italiens veulent réélire un pitre corrompu de 81 ans ? Le délire continue ».

Berlusconi reste à leurs yeux le sauveur de la nation. Il a donc réussi son retour médiatique. De là à réussir son retour politique… il n’y a qu’un pas. Mais d’après le quotidien turc, Daily Sabah, Forza Italia, ce n’est rien comparé au Movimento 5 Stelle considéré comme « version italienne du trumpisme » ou encore la Lega Nord, dirigée par Matteo Salvini « fasciste le plus moderne qu’ait connu l’Italie depuis Mussolini ».

Les thématiques qui préoccupent les Italiens largement occultées

Le thème qui a principalement occupé les débats, c’était celui de l’immigration. Alors certes, c’est l’une des thématiques qui préoccupe le plus en Italie. Mais d’autres thèmes auraient dû être abordés, notamment au niveau économique.

« Dans un pays avec une dette qui dépasse les 130 % du PIB et un système bancaire en sursis, les citoyens s’attendaient à ce que la campagne propose des solutions », rappelle le quotidien espagnol La Vanguardia.  « Mais celle-ci a en fait été dominée par des thématiques comme l’immigration – fruit du populisme qui inspire plusieurs partis en lice – et par des propositions et promesses électorales aussi spectaculaires qu’irréalisables économiquement, avec lesquelles on tente d’appâter les 30 % d’électeurs qui, selon les sondages, sont encore indécis ».

 

L’Italie, condamnée à la catastrophe ?

Là-dessus, les avis divergent. Le problème en Italie c’est que la loi électorale favorise la formation de coalitions. Et ce système est à double tranchant. Cela est d’ailleurs très bien expliqué dans un article du journal autrichien Die Press, daté du 28 février :

« Cette fois-ci comme les précédentes, l’Italie retombera sur ses pieds, peut-être après quelques turbulences et vociférations. Les capitales européennes regardent d’un air amusé, sans s’inquiéter outre mesure, cette ‘instabilité stabilisée à l’italienne’ ».

D’autres en revanche sont beaucoup moins optimistes sur la question. C’est le cas du quotidien portugais Público qui tire la sonnette d’alarme :

« L’histoire ne se répète jamais de la même façon. C’est tantôt une tragédie, tantôt une farce, comme le souligne la philosophie hégélienne. En Italie, l’ordre pourrait être inversé. Comme la farce a déjà eu lieu avec Berlusconi, il ne reste plus que la tragédie ».

Il y a effectivement de quoi être inquiet puisque la tête des sondages est partagée entre d’un côté une alliance populiste, nationaliste et eurosceptique, et de l’autre un parti populiste anti-système. Mais compte tenu du mode de scrutin qui allie proportionnel et majoritaire, rien n’est joué.

Tout est finalement entre les mains de ceux qui hésitent encore…

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Crédit photo : Rama

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