L’édito d’erwan Quinio – 18.01.24 – Le couple franco-allemand, notre plus belle histoire d’am…

L’édito d’erwan Quinio – 18.01.24 – Le couple franco-allemand, notre plus belle histoire d’am…

Erwan Quinio

Erwan Quinio

Erwan Quinio est le fondateur de l'association pro-européenne "Génération 112". De 2011 à 2014 il anime en partenariat avec Euradionantes l'émission « Est-Ouest, Balle au Centre », une émission bi-mensuelle qui revient sur un thème d’actualité grâce à des invités au cœur des grands débats de la société européenne.

L'édito d'erwan Quinio - 18.01.24 - Le couple franco-allemand, notre plus belle histoire d’am…

L’édito d’Erwan Quinio – 18.01.17 – Le couple franco-allemand, notre plus belle histoire d’am…

Le couple franco-allemand, notre plus belle histoire d’am…

Si nous parlions d’amour, après 55 ans d’histoire commune, alors ce serait des noces d’orchidée que nous célèbrerions ensemble cette semaine pour le couple franco-allemand. « L’orchidée, cette plante des climats chauds dont les fleurs, composées de trois sépales colorés et de trois pétales, sont recherchées pour l'originalité de leurs formes et de leurs coloris ». L’orchidée est une fleur précieuse nous informe Wikipédia, une fleur rare qu’il faut savoir chérir. Il en est de même en politique du couple franco-allemand. Certes, il est davantage question d’amitié que d’amour mais c’est beau et grand l’amitié. Notamment quand elle s’est construite dans la peine et la douleur. Hitler voulait établir le nazisme pour 1000 ans. Il fût vaincu. Ce fût la naissance d’une nouvelle Europe. L’amitié franco-allemande en est la plus belle promesse. Cette estime et camaraderie durera 100 000 ans et plus encore, espérons-le de tout coeur.

 

Le 22 janvier 1963, le président de la République français, Charles de Gaulle, et le chancelier allemand, Konrad Adenauer, signent un traité de coopération destiné à sceller la réconciliation entre la France et la République fédérale d’Allemagne. Ce  traité est le fruit d’une relation humaine particulière.

 

Effectivement, c’est l’histoire de deux hommes historiques qui ont su comprendre, incarner et magnifier la paix. Konrad Adenauer en est convaincu depuis les années 20, la paix ne passera que par une réconciliation amicale. Il rend personnellement visite au Général de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises en Haute-Marne, la résidence du président français, le 14 septembre 1958. Une visite qui interpelle les français pour son intimité.

 

Du 4 au 9 septembre 1962, le président français parcourt à son tour toute l'Allemagne prononçant une dizaine de discours, dont six en allemand appris par cœur. Il s'adresse sans notes directement au grand public.  De Gaulle parle allemand, langue obligatoire à Saint-Cyr qu’il avait du reste perfectionnée lors de ses années de captivité pendant la Première Guerre mondiale. Comme nul autre pareil, le Général de Gaulle touchera nos voisins allemands au plus profond de l’âme.

Dix-sept ans après la capitulation du régime nazi, l'ancien officier français, qui avait combattu l'Allemagne dans les deux guerres mondiales parle à Duisbourg aux ouvriers de l'usine sidérurgique de Thyssen, les appelant «Meine Herren», «Messieurs». À Hambourg, il s'exprime devant l'armée. A Ludwigsburg, il s’adresse enfin à la jeunesse allemande.

C'était une autre époque, explique l'historienne Corinna Franz de la fondation Konrad Adenauer dans un article du Figaro paru en 2012 : « Les contacts entre les citoyens des deux nations étaient presque inexistants. Beaucoup de Français s'opposaient à la réconciliation. Les Allemands étaient écrasés par le poids du nazisme. Et là arrive le général de Gaulle, évoquant le grand peuple allemand. Il a fait sensation. C'est comme s'il était venu nous libérer »

Manfred Feldmann, 19 ans et tout juste lycéen à l'époque se souvient : «Au début j'étais très impressionné. Puis j'ai brûlé de plaisir en entendant les paroles du général. J'aimais tant la France. Mais nos fautes pendant la guerre nous empêchaient de faire le premier pas de la réconciliation. Nous étions une nation défaite à tous les points de vue. Seul de Gaulle pouvait l'oser. Et il l'a fait avec une classe immense.»

Des «vive la France» retentissent. Dès la fin du discours quelque 500.000 personnes envahissent les rues de Ludwigsburg, pour tenter d'apercevoir le Général.

 

Hier, à l’Assemblée nationale, les députés français ont voté une résolution appelant un nouveau traité de l'Elysée entre la France et l'Allemagne. La faible mobilisation dans l'hémicycle de l'Assemblée n’est pas passée inaperçue.

 

Oui, ce n’était franchement pas à la hauteur. Christian Jacob n’a pas totalement tort de regretter l'absence du gouvernement, représenté seulement par la ministre des Affaires européennes qui est arrivée en retard pendant le discours de Wolfgang Schäuble. Le Premier ministre recevait pendant ce temps les autonomistes-indépendantistes corses.... L'ensemble du gouvernement allemand était présent dans un Bundestag rempli lors du même vote ce lundi »

Cette maigre fréquentation, à peine un député sur quatre, a été regrettée par "quasiment tous les présidents de groupe.

"On a merdé collectivement", reconnaissait en privé un député de la majorité.

Quant au chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, opposé à un nouveau traité de l'Elysée, il a conclu mardi la conférence des présidents par un "Frankreich über alles" (la France par dessus tout), selon un participant rapporte l’AFP. Si c’est vrai, c’est tout simplement pathétique.

 

Le traité de l’Elysée reste néanmoins peu connu des citoyens. Que contient-il et en quoi reste-t-il perfectible ?

 

Le traité de l’Elysée, ce sont d’abord des aides aux jumelages, aux échanges étudiants, aux initiatives linguistiques communes. Ce sont enfin des rites institutionnels et protocolaires particuliers.

« Les chefs d’Etat ou de gouvernement des deux pays se rencontrent au moins deux fois par an. Les ministres des affaires étrangères et de la défense au moins une fois tous les trois mois, les chefs d’état-major au moins tous les deux mois. Une coopération étendue en matière de politique extérieure est prévue, « en vue de parvenir, autant que possible, à une position analogue » sur tous les problèmes d’intérêt commun rappelle Le Journal Le Monde. Alors effectivement, c’est un peu flou. La résolution appelant à un nouveau traité de l’Elysée le reste aussi d’ailleurs. Après des décennies d’amitié, le risque de tomber dans une routine est évident. Certains pointent le danger d’une relation exclusive qui mettrait de côté les autres partenaires, l’Espagne, l’Italie, ou nos voisins de l’Europe centrale.

Mais la France et l’Allemagne n’ont pas à s’excuser d’être proches et amis. Un jour peut-être, nous partagerons même symboliquement l’arme de dissuasion nucléaire. Les allemands viendront eux soutenir systématiquement les militaires français engagés à l’étranger. Amis dans les bons comme dans les mauvais jours, après tant de larmes et de souffrances, français et allemands seront indéfectiblement solidaires. En attendant, le couple franco-allemand porte déjà un message de paix universel. Pourvu que cela dure, c’est à lui seul un kit de réconciliation modèle exportable dans tant d’endroits déchirés de part le monde.

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