L’édito d’Erwan Quinio – 18.01.17 – « Tic Tac, Tic Tac, les parlementaires européens entrent dans la dernière ligne droite »

L’édito d’Erwan Quinio – 18.01.17 – « Tic Tac, Tic Tac, les parlementaires européens entrent dans la dernière ligne droite »

Erwan Quinio

Erwan Quinio

Erwan Quinio est le fondateur de l'association pro-européenne "Génération 112". De 2011 à 2014 il anime en partenariat avec Euradionantes l'émission « Est-Ouest, Balle au Centre », une émission bi-mensuelle qui revient sur un thème d’actualité grâce à des invités au cœur des grands débats de la société européenne.

L'édito d'Erwan Quinio - 18.01.17 - « Tic Tac, Tic Tac, les parlementaires européens entrent dans la dernière ligne droite »

L’édito d’Erwan Quinio – 18.01.17 – « Tic Tac, Tic Tac, les parlementaires européens entrent dans la dernière ligne droite »

« Tic Tac, Tic Tac, les parlementaires européens entrent dans la dernière ligne droite »

Effectivement. Et hier à l’occasion du vote sur l’interdiction de la pêche électrique, le Parlement européen s’est rappelé bruyamment au souvenir de nos concitoyens. Contre les lobbys, soulignant sans ménagement les égarements passés de la Commission européenne, les 751 parlementaires européens disposaient sur ce sujet d’une fenêtre de tir royale qu’ils n’ont pas manqué. C’est heureux.  Le signal envoyé est fort et massif. Pour Strasbourg, la pêche électrique, ce n’est plus de la pêche, c’est de la destruction et il convient tout simplement d’y mettre un terme. L’information n’est  pas passée inaperçue dans les médias si j’en crois le nombre d’alertes qui se sont affichées sur mon téléphone portable. Sur le site EUVoteWatch, les marins pêcheurs et pêcheurs amateurs pourront désormais se renseigner sur l’origine des 232 voix pour et les 402 voix contre. Car, rappelons-le sans cesse, le Parlement européen est transparent, les votes y sont publics et non-délégables.

A la veille d’un scrutin général, le Parlement européen tentera de focaliser toute l’attention cette année

Oui, et c’est parfaitement logique. Elu au mois de mai 2014, les députés européens auront à cœur de profiter au maximum de ces 12 derniers mois précédant la prochaine campagne européenne pour se faire entendre et marquer les esprits. Avant le bilan, et la bataille électorale, le moment est propice aux dernières initiatives parlementaires.

Ce mercredi matin, Leo Varadkar, Premier ministre de la République d’Irlande, sera le premier dirigeant européen à débattre de l’avenir de l’Europe. Un processus qu’il faut suivre.

Invité par le Président du Parlement, l’italien Antonio Tajani et les chefs des groupes politiques, M. Varadkar prononcera son discours devant les députés avant de débattre avec eux. Le nouveau format est sensé permettre une séquence plus interactive. L’enjeu est limpide : placer le Parlement au cœur du débat sur l'avenir de l'UE.

 

Que retenir de 2017 pour l’institution strasbourgeoise ?

Dans les points assurément négatifs, on se rappellera sans doute en juin dernier du coup de sang du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, fustigeant les eurodéputés, peu nombreux lors d'un débat consacré au bilan de la présidence maltaise de l'UE. "Le Parlement européen est ridicule, très ridicule", avait-t-il martelé en français.

« Je salue ceux qui se sont donné la peine de se déplacer ici, mais le fait qu'une trentaine de députés seulement assistent à ce débat démontre à suffisance que le Parlement n'est pas sérieux. "Veuillez utiliser un langage différent “lui avait alors répliqué le président du Parlement, l'Italien Antonio Tajani, avant de le rappeler à l’ordre : "Vous pouvez critiquer le Parlement, mais ce n'est pas la Commission qui doit contrôler le Parlement. C'est le Parlement qui doit contrôler la Commission". L’échange avait interpellé par sa violence.

Mais le Parlement européen s’est aussi illustré l’année dernière. En interdisant par exemple en fermant ses portes aux lobbys de Monsanto  et en manifestant son volontarisme sur le Glyphosate, le Parlement européen a su se montrer attentif aux nouvelles aspirations. Du reste, les députés européens se savent attendus. Les dossiers sur la table sont considérables. Brexit, Budget 2021-2028, politique agricole commune, accord sur les travailleurs détachés, droit de l’asile, les prochains mois seront menés au pas de course. Il s’agit d’avancer pour débloquer enfin tout ce qui peut l’être et préparer au mieux le prochain mandat en déposant le maximum de petits cailloux.

Et  la campagne européenne de 2019 ne se fera pas sans eux

Oui. D’un point de vue français, Marine Le Pen comme Jean-Luc Mélenchon ont quitté l’hémicycle à l’occasion des législatives françaises, mais de nombreux eurodéputés auront la volonté de confirmer leur présence européenne.

Ils attendent d’en savoir plus pour s’impliquer dans les consultations citoyennes voulues par le Président français qui se tiendront du printemps à octobre. La campagne de 2019 ne ressemblera pas à celle de 2014.  Pour au moins deux raisons. En France, la fin des 8 circonscriptions régionale  inaugurées en 2004 est confirmée. La circonscription nationale unique sera donc rétablie. Enfin, au niveau européen cette fois, la question d’une liste transnationale devra être tranchée. Il reste donc 12 mois pour s’en faire échos et en analyser toutes les conséquences. On peut souhaiter au Parlement européen des vœux particulièrement combattifs. 

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