L’édito d’Yves Pascouau – 28.11 – Les défis de l’Union Africaine et de l’Union Européenne

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L’édito d’Yves Pascouau – 28.11 – Les défis de l’Union Africaine et de l’Union Européenne

L'édito d'Yves Pascouau - 28.11 - Les défis de l'Union Africaine et de l'Union Européenne

L’édito d’Yves Pascouau – 28.11 – Les défis de l’Union Africaine et de l’Union Européenne

Aujourd’hui vous nous emmenez en Côte d’Ivoire ?

Et plus précisément à Abidjan ou débute demain mercredi 29 novembre 2017 et pour 2 jours, le Sommet Union Africaine-Union européenne. Ce sommet doit permettre aux leaders européens et africains de discuter des défis auxquels sont et seront confrontés les Etats de l’UA et ceux de l’UE. Pas moins de 83 chefs d’Etat et de gouvernements doivent y participer ainsi que des délégations de pays amis, la Commission de l’UA, la Commission européenne et des Organisations Internationales.

Au menu des discussions, l’emploi des jeunes occupera une place prioritaire. Mais d’autres thèmes seront abordés et nul doute que les questions migratoires auront une place prépondérante.

En raison notamment de la croissance démographique du continent africain

Démographie, emploi et migrations sont liés. Au plan démographique, les projections de la banque mondiale indiquent qu’en 2050, un quart de l’humanité sera africaine et 40% en 2100 ! Mais de manière plus marquante encore, en 2050 – c’est-à-dire dans une génération – un tiers des jeunes âgés entre 15 et 29 ans vivra en Afrique. Parallèlement, la démographie de l’UE va décroître et entraîner des besoins de main d’œuvre que l’immigration permettra en partie de satisfaire.

Ces deux phénomènes de croissance et de baisse de la démographie vont tôt ou tard se rencontrer et nécessiter la mise en œuvre de réponses coordonnées entre les deux continents. Si la priorité repose sur la création d’emplois pour les jeunes et le développement de filières de formation dans les pays africains, il est également déterminant d’envisager la mobilité de cette jeunesse vers et dans l’UE.

Et ce sera à l’ordre du jour du sommet

C’est exact mais pour discuter sereinement de ces questions, il va falloir que les acteurs européens changent d’approche. Car depuis 2016, la question migratoire et sa gestion sont devenues centrale dans les relations de l’UE avec les pays tiers.

Concrètement, la capacité et la volonté des pays tiers à gérer les flux d’immigration, notamment irrégulière, est progressivement devenue une condition au déploiement des autres politiques européennes. Pour le dire simplement, au mieux je gère ma frontière et les flux migratoires, au plus je bénéficie des politiques européennes d’aide au développement, commerciale, environnementale, énergétique, agricole etc. sont

Dans ce contexte, la réunion s’annonce difficile alors

Si les Etats européens restent sur cette ligne, certainement. Ce sommet doit être l’opportunité pour les Etats membres et les institutions européennes de changer d’approche et de considérer que les intérêts des Etats européens – qui sont de limiter les flux migratoires et les arrivées sur leur territoire – ne sont pas nécessairement identiques aux intérêts des pays africains – pour qui la migration de leurs ressortissants constitue aussi une opportunité notamment en termes d’envois de fonds privés.

C’est donc une occasion de discuter et d’envisager une relation plus équilibrée entre l’UE et l’UA sur la question des migrations. Il s’agit de dépasser les approches actuelles arcboutées sur la logique du contrôle et de l’éloignement et d’ouvrir une réflexion plus large sur l’avenir de la mobilité humaine, donc de l’immigration légale, entre les deux continents.

Espérons que cette réflexion, qui s’inscrit nécessairement dans le long terme, trouve à Abidjan de solides fondements.

Yves Pascouau, Chercheur à l'Université de Nantes - Chaire Schengen - Institut d'Etudes Européennes et Globales - Alliance Europa.

Notre éditorialiste est docteur en droit public de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour. Il est actuellement chercheur à l'Université de Nantes, titulaire de la Chaire Schengen. Il est aussi membre de l'Institut d'Etudes Européennes et Globales - Alliance Europa dont l'ambition est de "faire émerger un pôle de recherche interdisciplinaire de visibilité européenne en Pays de la Loire". Yves Pascouau est également chercheur associé Senior à l'Institut Jacques Delors (un think-tank européen basé à Paris). Avant de rejoindre l'université de Nantes, Yves Pascouau a exercé les fonctions de Directeur des questions migratoires au European Policy Centre (un think tank basé à Bruxelles).

A coté de ses fonctions professionnelles, Yves Pascouau a fondé en 2013 le site europeanmigrationlaw.eu, qui a pour objectif d'offrir aux professionnels et praticiens un "accès simple et rapide au droit et à la jurisprudence de l’UE".

Quelques liens :

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