KID FRANCESCOLI (FRANCE)

KID FRANCESCOLI (FRANCE)

About the album

Avec son précédent album With Julia, on avait quitté Kid Francescoli à la fin d’une histoire.
Celle que le frenchy a entretenu avec une jeune américaine, Julia Minkin, chanteuse rencontrée à New York et accessoirement incarnation de son rapport de fascination avec les Etats-Unis.
Une relation intime mais aussi à longue distance, via Internet et les échanges de fichiers musicaux qui ont constitué l’enregistrement de ce long format paru en 2015. Ce modus operandi très en phase avec son époque accompagnait l’ ”électronicisation“ des instrumentations du plus Marseillais des prodiges de la pop indé, car on a d’abord connu Kid Francescoli en fan de dream pop et de BO de films (Ennio Morricone en tête). Sur son premier album en 2006, sa démarche très personnelle se faisait l’écho des écoles américaines ou anglaises, s’accordant avec les codes cinématiques et rétro-futuristes de la French Touch d’Air ou de Sébastien Tellier. Puis Kid Francescoli a su faire évoluer sa formule avec son deuxième album It’s Happening Again, empreint d’accents hip hop et électro. Enfin sous la houlette du producteur Simon Henner (Husbands, Nasser, French 79) pour With Julia, il se révèle aussi affûté sur le mode beats discoïdes et ritournelles électroniques.
Tout au long de sa trajectoire, le musicien peut se permettre ce jeu multiple d’influences tant on reconnaît à la première écoute sa voix pudique et sa manière ludique d’orchestrer d’amples scénarii sonores.
Avec With Julia, Kid Francescoli a validé sa reconnaissance dans l’univers pop en France et en Europe, avec plus de 70 concerts sur cette tournée et des titres playlistés sur Nova, Virgin Radio Radio et Ouï FM. Une période prolifique puisqu’il initie au même moment le side-project Husbands avec ses complices Oh ! Tiger Mountain et Simon Henner alias French 79 (homme-orchestre de Nasser) pour un album éponyme. Le séduisant trio emmène le Marseillais sur un registre plus électro-pop qui va contribuer, tout comme ses remixes pour NZCA Lines ou Fool’s Gold réalisés dans cet intervalle, à faire mûrir un peu plus ses propres productions.

En 2017, Play Me Again affiche un nouveau “again” dans la discographie du Kid : un album annonçant une phase inédite, à la fois familière et pleine d’imprévus…
Cette collection de chansons raconte en effet l’“après” With Julia. La love story est terminée, l’épiphanie new yorkaise a disparu mais laisse place à une nouvelle séquence personnelle et musicale. Julia n’est plus l’american lover, le fantasme fait chair, la partenaire amoureuse mais… s’est installée dans la ville de Kid Francescoli, Marseille. «With Julia évoquait la fin de notre histoire, Play Me Again parle de sa transformation en liaison musicale, de notre complicité grandissante dans l’écriture confirme Mathieu alias Kid Francescoli. La création musicale passe au premier plan, notre relation évolue et ça s’entend ». Julia devient la muse, la complice et l’instrument préféré d’un artiste qui reprend les choses où il les a laissées et ouvre un nouveau chapitre. « Contrairement au précédent album, Julia n’apparaît pas dans le titre mais elle a beaucoup participé à la composition. Je ne suis pas un démiurge qui compose pour ses égéries, c’est elle qui écrit ses paroles, elle effectuera d’ailleurs la tournée avec moi car nous fonctionnons comme un duo ».
Produit à nouveau par Simon Henner et mixé cette fois-ci par Antoine Thibaudeau (coréalisateur des albums de Thylacine), Play Me Again bénéficie de cette dynamique neuve mais éprouvée. Kid ose y investir de nouveaux univers : «c’est l’album le plus varié que j’aie fait, car je me nourris énormément des musiques du moment. Quand j’ai commencé à faire de la musique, on achetait des CD’s. Aujourd’hui avec internet on peut écouter dix albums par jour : ces influences surgies des plateformes de streaming, comme Drake, ASAP Rocky ou Kendrick Lamar, s’entendent dans Play Me Again». Pour s’encourager à défricher des territoires encore vierges et ne pas se répéter, Mathieu se constitue une To Do List secrète : «pour cet album je voulais un morceau en français, une chanson en parlé-chanté, un track électro qui sonne comme un remix, un reggae à la Husbands… ». Chacune des pistes musicales du précédent a ainsi ouvert à de nouveaux imaginaires et de nouvelles potentialités, qui offrent une ampleur inédite à ce nouvel album. Chanté en français (grande nouveauté !) par Kid et Julia, la french wave séduisante du premier single Les Vitrines décrit un désamour sans prise de tête, une passion enfuie emportée par un arpeggio fatal. Cette ouverture alléchante laisse place à From America et un gimmick de claviers emprunté aux productions rap/R’n’B que Kid affectionne, influence que l’on retrouve dans le sucré Bad Girls, Pick Me Up ou Come Online. Tout au long des onze titres, le Marseillais se permet des tours de force comme l’électro hypnagogique de Moon ou l’Intermezzo instrumental façon Wendy Carlos qui introduit Emma et son reggae de lover exfiltré des sessions de Husbands. Sur It’s Only Music Baby (avec son solo de saxo épique), l’art de la composition de Kid Francescoli atteint ainsi son apogée et permet de mesurer le chemin parcouru depuis quatre albums.
La boucle est bouclée avec le morceau de fin Insatiable Love qui renoue avec la première manière de Kid Francescoli : le garçon mélancolique du premier album ne nous a jamais vraiment quitté avec sa voix sussurée, ses beats cotonneux, sa fixette cinématique, ses synthés vintage. Si son identité sonore s’est encore updatée sur Play Me Again, elle demeure une des plus reconnaissables du paysage pop français.

THE VIDEO

 

Leave a Reply

Your email address will not be published.